ÉCHAUFFOUR, PAROISSE NORMANDE

Ses villageois et ses seigneur

Les Giroie

C’est dans le livre III que nous voyons pour la première fois apparaître le nom d’Échauffour. Il y est dit :

 

« Un homme très puissant en Normandie, nommé Helgon, offrit à Giroie sa fille unique en mariage et lui donna Montreuil [l’Argillé] et Échauffour avec tous les domaines situés auprès de ces deux places. Helgon étant mort peu de temps après, Giroie jouit de tous ses biens et la jeune fille qui lui avait été fiancée mourut avant le mariage […] ».

 

Mais eu égard à ses mérites, le duc Guillaume le confirma dans ses possessions. Tout ceci se passait au début du XIe siècle, vers 1026.

Guillaume Ier Giroie épousa ensuite Gisèle, fille de Turstin de Bastebourg, dont il eu sept fils et quatre filles. Cette nombreuse progéniture ne l’empêchait pas « de craindre Dieu » car il construisit de ses propres deniers six églises dont la quatrième à Échauffour fut dédiée à l’apôtre André. Elle l’est encore de nos jours.

 

Les quatre filles de Giroie s’allièrent à des seigneurs de la région et les fils périrent tous de mort violente. L’aîné, Ernaud, mourut accidentellement à la lutte, le second, Guillaume II, lui succéda à Échauffour et disparut en Italie en 1066 après une vie tumultueuse. Le troisième, Foulques, fut assassiné par son frère Robert, le quatrième, qui hérita de la seigneurie de Saint-Céneri à côté d’Alençon et mourut empoisonné par sa femme.

 

Le cinquième, Raoul dit « mal couronné », était fort curieux de médecine, science qu’il avait apprise à Salerne en Italie. De retour au pays, il se fit moine à Saint-Évroult et y fonda la première école médicale de France. C’est à lui qu’on attribue l’invention de la suture du périnée. Fort pieux, il demanda dans ses prières – et obtint – de mourir de la lèpre. Enfin, Hugues, le sixième, fut tué accidentellement par l’un de ses écuyers alors qu’il s’entraînait au tir à l’arc, sur l’emplacement du hameau de Saint-Germain. Avant de mourir, il ordonna, dit-on, à son meurtrier de fuir pour éviter les représailles : plus tard, on construisit une église à cet endroit en souvenir. Il y en a toujours une de nos jours. Le dernier des fils de Guillaume Giroie mourut fou, peu après une expédition « sacrilège » sur les terres de l’évêque de Lisieux.