Les Medina d'Amérique latine

Andrés Joaquin de Medina

[...] Andrés Joaquín naquit en 1726. Il fut ordonné prêtre le 8 mars 1741 et fut connu sous le nom de frère Joaquín de Medina. C’est tout ce que nous savons de certain le concernant mais il se peut qu’il soit le « héros » de l’anecdote suivante : rien ne permet de l’affirmer avec certitude mais rien ne permet non plus de l’infirmer. Elle illustre, à son extrême, les mœurs de beaucoup des prêtres de l’époque, situation que nous avons évoquée lorsqu’il s’est agi du père Gaspar III de Medina.

Vers 1780 donc, le gouverneur de la province de Mojos (territoire situé au nord de l’Argentine et au sud de la Bolivie qui tenait son nom des Indiens qui y étaient installés), se mit à recevoir de nombreuses lettres de cette sorte :

 

« Monsieur le Gouverneur,

Nous tous du village de San Martín, nous venons nous plaindre à vous.

Monsieur, tous les gens se sont enfuis […] parce que le père de Medina les a terrorisés à cause d’une femme nommée Paula de laquelle il est devenu fou. Cette femme a disparu et l’on ne sait si elle est partie vers la forêt […]. Et lui, il va à sa recherche, jour et nuit en chemise, un couteau à la main, arrêtant tout le monde pour qu’on lui dise où se trouve la Paula.

Comme il n’arrive pas à le savoir, il s’est emparé du père de cette femme, lui a fait donné deux cents coups de fouet puis lui a versé goutte à goutte de la bougie brûlante de la nuque jusqu’aux fesses qu’il a voulu lui trancher avec une navaja pour lui faire avouer où était sa fille. Alors voyant cela tous se sont enfuis. […]

Il n’y a plus personne pour écouter la messe surtout pas les femmes qui ont peur parce que, de l’église, le père les entraîne en sa maison. Ne vont plus que les vieilles à la messe ou au rosaire.

Avec ça l’autre jour, il a fait appeler une femme ; et puis il l’a forcée et il a forniqué à l’intérieur de l’église et quand la femme lui a dit que c’était la maison de Dieu, le père Medina lui a répondu qu’Il était au Ciel. Sur la place, il nous a même prêché la chose suivante : que le chiqui-chiqui n’était pas un péché, que cela ne valait pas la peine de se confesser et qu’à l’heure de la mort, il suffisait de dire : " Miséricorde ! Miséricorde ! " pour être sauvés ». [...]

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